Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine

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Retour sur les 10èmes Rencontres de l'USPO

 

La convention pharmaceutique et les nouvelles missions de l'officine

 

Une profession en mouvement, vaccination antigrippale à l'officine, médication officinale

Les 10es Rencontres de l’USPO ont été l’occasion pour les différents acteurs de la profession de s’exprimer sur leurs visions de la pharmacie d’officine pour les trois prochaines années.

Réunis à l’occasion des 10es Rencontres de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), représentants de l’industrie, des groupements, des étudiants et des patients se sont accordés pour saluer la dynamique insufflée à la profession par l’avenant n° 11 à la convention pharmaceutique.

 « La nouvelle convention a des effets protecteurs sur la rémunération » Nicolas Revel, Directeur de la CNAMTS

Cette nouvelle convention a des effets plus protecteurs sur la rémunération des pharmaciens que la réforme précédente qui a fait perdre au réseau 175 millions d’euros en 2017 et 635 millions d’euros sur 3 ans. « Il n’y a plus de perte quand on projette le nouveau modèle », affirme-t-il, tout en affichant ses ambitions à faire vivre ce texte dans l’avenir.

Dans l’immédiat, la priorité est de lancer au plus vite les bilans de médication dont la mise en route est « techniquement assez serrée ». Concernant l’actualisation de l’espace pro du site ameli.fr rendue nécessaire pour la saisie des bilans, il a assuré que « tout devrait rapidement rentrer dans l’ordre. » Cependant, ce retard à l’allumage risque d’être préjudiciable à l’atteinte des objectifs fixés dans la convention (310 000 bilans à réaliser la première année), des objectifs jugés «ambitieux mais pas déraisonnables » par Nicolas Revel.

Autre nouvelle source de rémunération sur lequel les pharmaciens devront patienter : le dossier médical partagé (DMP). Ils toucheront 1 euro pour chaque ouverture de dossier. Actuellement en test auprès de 9 caisses primaires, « le DMP sera déployé sur la France entière et son lancement généralisé juste après l’été », a indiqué le directeur général de l’Assurance maladie. Un calendrier de travail a été établi avec les éditeurs de logiciels officinaux, en vue de créer des DMP et permettre aux officinaux de consulter l’ensemble des informations de ce dossier. « Nous avons eu un retour positif de la CNIL », précise-t-il.

Médication officinale : pharmaciens et médecins sur la même longueur d’ondes

Le développement d’une « médication officinale accompagnée » en coordination avec les médecins a fait consensus entre les différents intervenants (Leem, Ordre des pharmaciens, USPO, association de patients, groupements, médecins…).

Une automédication encadrée

Le vice-président de l'Uspo, Pierre-Olivier Variot, propose le développement d'une automédication encadrée, avec notamment l'inscription de la délivrance de médicaments d'OTC dans le dossier pharmaceutique (DP).

L’USPO souhaite la création d’un statut intermédiaire pour les médicaments classés en prescription médicale obligatoire (PMO) qui pourraient être dispensés par le pharmacien dans des conditions particulières de contrôle avec la création d’arbres décisionnels. Cette disposition permettrait de renforcer le bon usage de ces médicaments sans les éliminer de l’accès au conseil pharmaceutique. 

Gilles Bonnefond, souhaite "faire de la médication officinale un véritable parcours de soins", où le pharmacien prodigue des conseils tout en informant le médecin. Ces produits ne sont pas "des petits médicaments", car ils comportent des risques et des effets indésirables, tout comme les médicaments de prescription. Ils permettent toutefois d'éviter les consultations médicales pour des pathologies bénignes courantes, au moment où le temps médical se raréfie.

Delphine Bagarry @DBagarry Ce matin, je suis intervenue au colloque organisé par l’@Syndicat_USPO pour parler du rôle des pharmaciens et du PLFSS. Un échange fructueux et convergence de point du vue : il faut renforcer la coopération entre les acteurs de la santé publique, être ambitieux et innover.

Le président du syndicat de médecins généralistes MG France, Jacques Battistoni, a rapporté une expérience menée au niveau d’un pôle de santé permettant au pharmacien, à qui un protocole de soins est proposé dans la prise en charge des cystites, de recourir dans son conseil à des médicaments de PMO et d’être rémunéré pour cet acte. En contrepartie, il doit informer le médecin des médicaments délivrés au patient.

Dominique Dépinoy @domDepinoy Très bonnes interventions ce matin au colloque @Syndicat_USPO , intervention très juste du président de @mg_france @J_Battistoni. Les territoires de proximité sont des lieux de partenariat généralistes pharmaciens. À faire vivre #CPTS et #MSP

Un professionnel de santé dans une ère numérique

 « On entre dans la modernité grâce à cette convention qui fixe l’avenir d’un pharmacien professionnel de santé dans une ère numérique où le partage des données via le dossier partagé et le parcours de soins n’est plus contesté, même par les médecins », se félicite Christian Grenier, président de la chambre syndicale des groupements et enseignes, Federgy.

Pour Laurent Filoche, président de l’Union des groupements de pharmaciens d’officine (UDGPO), le nouveau rôle de «coach santé du patient » que pourra endosser le pharmacien via les nouvelles missions et le parcours de soins est le garant de la pérennité d’une profession qui évitera ainsi de se faire « ubérisée ».

"Nous ne sommes pas crédibles pour développer l'OTC en France" Patrick Errard, Président du LEEM

Patrick Errard, président du Leem, Les entreprises du médicament "On demande souvent au Leem de soutenir l'OTC, qui est certainement une piste intéressante. Mais je pense que nous ne sommes pas crédibles, aujourd'hui, pour développer l'OTC en France comme industriels, comme acteurs de soins ou comme pharmaciens". Il a évoqué le cas d’une pharmacie en Seine-Maritime, où il voit "des gens de la campagne demander une, deux boîtes de Nuroflash ibuprofène, une, deux, trois boîtes de paracétamol et d'autres médicaments encore", sans qu'on leur pose "la moindre question". "Cela existe" "Il faut donc que nous ayons une conduite responsable si on veut développer l'OTC", ce qui est "valable aussi pour les industriels", "Tant qu'on a une pratique bonbonnière de l'OTC, on peut faire tout ce qu'on veut vis-vis des autorités pour la développer, on ne sera pas crédible".

« Dialogue au-delà des silos corporatistes »

Le président du Leem appelle à une réflexion commune sur le développement d'une automédication "responsable", sous l'égide du pharmacien, ce qui permettra de renforcer le soin de premiers recours sur des pathologies bénignes de façon sécurisée. "Aujourd'hui, on a encore des marges de progrès à faire". Il n’en soulève pas moins la question du mode de rémunération et la valorisation de l’acte des officinaux. Appelant à un dialogue « au-delà des silos corporatistes », il affirme que « ce pas ne pourra être franchi que de manière conventionnelle, en concertation avec les syndicats de médecins ».

Une médication officinale accompagnée

Séverine Salgado, directrice déléguée santé de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), s'est prononcée en faveur d'une "médication officinale accompagnée". Des protocoles de délivrance devraient toutefois être définis au préalable et que des discussions devraient être menées avec les médecins, "pour qu'ils ne se sentent pas dessaisis de leur activité de prescription". S. Salgado demande la réalisation d’une étude sérieuse de l'impact financier de l'automédication, notamment sur le nombre de consultations évitées, et propose une expérimentation avec des modalités techniques simples, notamment sur des pathologies ORL et gastro-entérologiques.

La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a indiqué mi-décembre 2017 à l'Assemblée nationale qu'elle voulait réfléchir à la qualité de la dispensation des médicaments en officine, notamment à la prise en charge par les officinaux de pathologies courantes sur la base d'arbres décisionnels.

Légitimité du pharmacien dans le parcours de soins

Cette légitimité du pharmacien est reconnue par les patients, comme en témoigne Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques. Le pharmacien doit être une porte d’entrée dans le système de santé à l’instar du médecin généraliste.

Attractivité de la filière officine

Robin Ignasiak, président de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF), remarque que «l’attractivité de la filière officine passe également par l’image qu’en donnent les titulaires auprès de leurs stagiaires de troisième et quatrième années ».

Alain Delgutte « Soyons ambiieux »

Le président du Conseil central de la section A de l’Ordre des pharmaciens, Alain Delgutte souligne l’importance de donner des gages d’exemplarité, notamment en matière de qualité grâce à une formation continue et une certification accrues. Autre préalable au succès de la pharmacie d’officine dans les trois prochaines années, la capacité que détiendra la profession à assurer sa relève.